3.9.11

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Nous avions erré pendant plusieurs heures, deçà delà, à la recherche de l’imprévu.

Nous nous apprêtons à accélérer la marche pour rejoindre un autre quartier avant la nuit. Mais auparavant, elle souhaite me faire découvrir un endroit qu’elle apprécie particulièrement.
Quelques instants plus tard, nous atteignons l’église dont elle m’avait parlé.

Cette courte visite se transforme en un moment unique, fort en émotion. Nous nous installons sur l’un des longs bancs, frais et glissants. Notre énergie et notre enthousiasme du jour se transforment progressivement en une paisible méditation.

Nous sommes proches l’un de l’autre mais chacun perdu dans ses pensées. Dans un calme prégnant, les idées se bousculent dans ma tête. Je pense à elle, à sa vie, et à ce que nous partageons depuis quelques heures. Elle, qui d’habitude n’a pas une minute à elle. Elle, qui travaille d’arrache-pied pour pouvoir vivre avec sa fille. Elle, grâce à qui je suis venu dans ce pays.

Il est étrange de voir cette femme active et moderne dans ce lieu, hors du temps. Elle est rêveuse, presque absente. Revenant à mes esprits, je ressens sa présence et je tourne mon regard dans sa direction. Je souhaite garder en mémoire l’émotion que nous partageons. Je prends alors le risque de me faire remarquer par les quelques fidèles qui se recueillent. Son élégance et l’attirance que j’ai pour elle me poussent à la photographier, en ce lieu sacré. Nous échangeons quelques regards. Elle fait mine de m’ignorer. Elle m’a compris.

Nous sommes à mille lieues de l’agitation effrénée de Sao Paolo, toute proche.



2 comentários:

Anônimo disse...

lindo texto, parabéns :)

Joara Queiroz disse...

De fato...